Eglise de la Trinité aussi dénommée Vieux Théâtre...
Le terrain sur lequel a été édifiée l’église de la Trinité fut acquis en 1725 à l’initiative de Messire de Cremoux, curé de St Martin de Ribérac. Elle était destinée à devenir l’église paroissiale de Ribérac son accès étant beaucoup plus aisé que celui de l’église Notre Dame. Les travaux démarrèrent en 1727. Ce n’est que vers 1731 qu’elle fut livrée au culte. Elle fut aussi le siège de la justice seigneuriale. Dès l’année 1756 elle nécessita de sérieuses réparations, la charpente menaçant de s’effondrer. En outre, les inondations régulières du Ribéraguet - qui la borde à l’ouest - ont dégradé une partie des murs et causé maints désordres à l’intérieur de l’édifice. L’histoire locale rapporte qu’une seule messe y fut célébrée !
A la Révolution, l’église de la Trinité n’était toujours pas achevée ainsi que l’atteste une délibération du Directoire de Ribérac en date du 29 brumaire an III (19 novembre 1794) : « … cette église qui n’est en fait qu’une simple chapelle n’a que quatre murs et un toit… » Elle n’en possédait pas moins deux autels. Elle devint alors un lieu de réunions publiques : les citoyens s’y assemblaient pour procéder aux élections primaires. Les Hébertistes y célébrèrent le culte athée de la Raison (automne 1793 - printemps 1794) puis les Montagnards le culte déiste de l'Être suprême (printemps - été 1794). Un Te Deum y fut chanté lors de l’arrestation du Roi Louis XVI à Varennes (juin 1791).
Totalement désaffectée, l’église de la Trinité fut transformée - toujours pendant la Révolution - en dépôt de fourrage puis en marché aux grains (minage). Elle retrouva ensuite sa vocation d’église et accueillit - sous l’Empire et le début de Restauration - les fidèles des trois paroisses du Ribéracois, jusqu'à son cambriolage en 1818. Elle fut alors de nouveau utilisée comme dépôt à fourrage, puis servit d’entrepôt municipal de 1833 à 1846, date à laquelle elle fut reconvertie en marché aux grains...
En 1881, comme en témoigne la plaque toujours apposée sur son fronton, elle devint le siège des réunions de la Société du Secours Mutuel. Un emprunt de 10 000 francs fut voté à cette époque par la commune de Ribérac. Après travaux l’ancienne église fut divisée en 2 niveaux et à compter de la fin du XIXème siècle le premier étage servit de salle de spectacle. L’église de la Trinité devint alors le « vieux théâtre », nom qu’elle a conservé jusqu’à nos jours. Jusque dans les années 1970, il accueillit des bals, des concerts, des distributions de prix… Les Troubadours de Ribérac et la troupe Guy de Larigaudie dirigée par Jean Blanca y donnèrent des représentations théâtrales.
De 1955 à 1985, les matériels des sapeurs pompiers furent remisés dans la partie est du rez-de-chaussée. Plus récemment, des cours de boxe et de danse y furent dispensés.
